

Je m'appelle Sophie Dutheil et signe depuis toujours mes créations seulement par SoFi.
J'ai réellement découvert la peinture à l'adolescence. Très vite, elle est devenue un espace d’expression, de respiration, de liberté.
En 1979, à Montpellier, dans l'atelier d'Annie et Jérôme Bessil, artistes régionaux, je prépare, à seulement 16 ans les concours d’entrée dans deux écoles des beaux-arts en province. Concours réussis à 17 ans. Je commence alors des études artistiques.
Mais il y a toute la complexité d'être "en avance" sur certains aspects, et beaucoup moins sur d'autres. "Le manque de maturité, et déjà, un manque de confiance en moi - malgré les encouragements de mes professeurs - je ne me présente pas aux examens ! ". Guidée par d'autres urgences ou d'autres élans, j'interrompts mes études à peine commencées.
Août 1985, je monte à Paris. Avril 1987, je commence à travailler, par hasard, au ministère de la Culture. Un environnement où l’art s’observe, se soutient mais il devient plus difficile de peindre au quotidien. Pourtant, je n'abandonne pas la peinture qui n'est pas une distraction. C'est un refuge.
C'est un langue intérieure qui m'accompagne toute ma vie, tout comme la musique - classique enfant, puis pop et rock. L'une et l'autre sont là, dans mes moments de joie, comme dans les périodes plus sombres.
La peinture, silencieuse et fidèle jusqu’à mes 42 ans, m’aide à traverser cet univers administratif, si éloigné de mon milieu d’origine et du monde artistique que je n'aurais sans doute jamais dû quitter. Puis vient le silence. Une pause longue et nécessaire.
Août 2024. Quelque chose se rouvre - sans annonce, sans explication.
Le geste revient d'abord timidement, presque étranger, puis il s'impose à nouveau comme une évidence. Les couleurs reviennent avec lui.
Je recommence à peindre. Non pas comme une reprise, mais comme une reconnexion. Je retrouve une langue, pas vraiment perdue, seulement enfouie.





